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Les Téfilines c’est quoi ?

1. La constitution des boîtiers et des lanières
2. L'obtention d'un parchemin
3. La calligraphie.

 

Le "Lichema"

II est important de souligner qu'outre les défauts de fabrication visibles à l'œil nu, une condition à cette réalisation est indispensable. En effet, chacune des trois étapes de fabrication devra être réalisée "Lichema" c'est-à-dire que l'artisan ou le scribe, adulte (plus de 13 ans), devra avoir à chaque instant la conscience d’exécuter sa tache en vue de la Mitsva. . C’est pour cette raison que l’intégrité de l’artisan prend une part importante dans la cacherout des Téfilines.

 

I. Les Boîtiers "Batim"

Ils sont au nombre de deux. L'un sera placé sur le front et l'autre sur le bras. Celui du front est compartimenté en quatre cellules identiques, alors que celui du bras ne présentera qu’un unique compartiment. Ces espaces seront appelés à recevoir les différents parchemins calligraphiés par le scribe Les boîtiers sont fabriqués à partir de la peau d'un animal Cacher. En pratique, on utilise de la peau des joues et du cou du bœuf, celle-ci étant moins grasse que celle de la vache. Un bœuf sera nécessaire à la confection de chaque boitier de la tête, ou pour deux boitiers du bras. La taille des boitiers ne devra pas être inferieur à 4 - (4,8) cm, et ni supérieur à 8 - (9,6) cm.

 

Les étapes de la confection :

1. Immédiatement après l’abattage la peau doit être prise en charge et son salage est obligatoire en vue de la conserver jusqu’aux différentes étapes de la confection à proprement dites.

 

2. Le salage sera suivit du rinçage qui visera à éliminer le sel et à assouplir la peau.

 

3. Puis on fera tremper la peau durant trois semaines dans une solution à base de chaux, celle-ci éliminera les dernières cellules vivantes et gonflera la peau. De ce fait les pores de la peau s'ouvriront rendant celle-ci apte à absorber les produits de tannage qui seront utilisés ultérieurement.

 

4. Différents produits chimiques seront parfois ajoutés à cette chaux afin d'épiler totalement la peau.

 

5. On terminera l'épilation par grattage à l'aide d'une racle.

 

6. La peau sera de nouveau trempée dans une solution oxydante permettant d'optimaliser l'étape suivante, c'est-à-dire le tannage.

 

7. C’est à ce stade que débute le travail des peaux proprement dit. L’artisan cherchera à faire pénétrer différents produits chimiques à l’intérieur des peaux. A cet effet ; il dispose de tonneaux disposés sur un essieu rotatif. (Cette rotation est en règle générale électrique permettant le travail de 200 peaux en même temps. Certains décisionnaires exigent néanmoins une rotation manuelle pour le "Lichema". En conséquence, les tonneaux seront plus petits (jusqu'a 30 peaux), entrainant de ce fait un surcoût de la production). Les peaux placées à l’intérieur des tonneaux seront, du fait du mouvement, précipitées contre les parois, frappées et concassées. C’est cela qui permettra aux produits chimiques eux aussi présents dans les tonneaux de pénétrer à l’intérieur de la peau.

 

8. Cette peau sera ensuite travaillée à l'aide d'une presse de façon à obtenir une forme cubique et les compartiments souhaités. Notons qu'il existe deux sortes de boîtiers, l'un appelé "Béhéma-Gassa" (gros bétail), est fabriqué d'une seule pièce dans une peau épaisse. Le second, appelé "Béhéma-Daka" (menu bétail), est fabriqué à partir d'une peau très fine, que l'on tend sur un moule carré. Cette peau sera renforcée à l'intérieur par des morceaux de cuir. (La première sorte de boîtiers est donc de meilleure qualité : ces boitiers gardent plus longtemps leur forme cubique, et peuvent -au besoin- être retravaillés.)

 

9. Il ne manquera plus qu'à faire apparaître sur les deux faces externes du cube, la lettre hébraïque "shine" ש. Sur la face droite le "shine" sera à trois branches alors que sur celle de gauche il devra en posséder quatre. La réalisation du "shine" de gauche devra d'un point de vue halakhique précéder celle du côté droit. Le façonnage de cette dernière sera réalisé non pas par grattage mais par pinçage du cuir.

 

10. Un dernier ponçage et plusieurs couches externes de peinture noire mettront un terme à la réalisation des boîtiers.

 

II. Les Lanières "Rétsouot"

Elles servent à fixer les boîtiers au front et au bras.

 

Du fait de l'épaisseur de la peau du gros bétail, il sera possible de sectionner deux épaisseurs de lanières. Les lanières provenant de la partie extérieure de la peau profiteront du caractère plus rigoureux de la peau de ce côté ci, elles seront de ce fait plus résistantes et plus onéreuses.

 

Ces lanières devront obligatoirement êtres peintes en noir d’un côté. Pour les lanières provenant de la face externe de la peau, c’est le côté le plus interne qui sera peint, pour celles venant de la face interne, c’est le côté sectionné qui sera peint en noir.

 

Une peau de bœuf suffit à l’obtention de cent mètres de lanière. La longueur de la lanière du bras sera de quatre mètres .Celle de la lanière de la tête de trois mètres. Leur largeur ne sera pas inférieure à 9mm (il est même conseillé d'en acquérir de plus larges en prévision du rétrécissement consécutif à l’utilisation.)

 

Elles sont liées aux boîtiers par des nœuds dont la confection répondra à des règles halakhiques précises.

 

III. Les Parchemins "Klaf"

 

Ils proviennent quant à eux uniquement du tissu placentaire de la vache, ou bien de peaux de veaux nouveau-nés, ces dernières étant très malléables, elles permettent d'obtenir un parchemin très fin. Cette peau sera elle aussi nettoyée de ses poils, travaillée, séchée et polie. Parmi tous les pans obtenus, seront sélectionnés ceux ne présentant ni trou ni aspérité, condition nécessaire au rendu d'une bonne calligraphie. Il ne restera plus qu'à réaliser des tracés à l'aide de poinçons. Notons au passage que les lettres seront non pas "posées" sur ces lignes mais "suspendues" à celles-ci.

 

Certains fabricants de parchemin l'enduisent d'une fine couche de peinture blanche, la calligraphie étant réalisée sur ce vernis.

 

ATTENTION: Bien que le rendu soit plus esthétique, cette pratique présente deux inconvénients importants:

a) Lors de l'introduction du parchemin dans le boîtier, le pliage du parchemin entraîne un craquelage des lettres du fait de la rigidité du vernis.

b) Certains décisionnaires invalident ce type de parchemin, ne reconnaissant qu'une écriture à même la peau. Ainsi d'un point de vue halakhique, il sera préférable d'utiliser un parchemin non enduit.

 

IV. La calligraphie

 

Il s'agit de lettres calligraphiées hébraïques, dont la forme graphique repose sur une tradition. Les traditions d'écriture sont au nombre de trois:


Elle sera réalisée à l'encre noire et exclusivement à l'aide d'une plume d'oie affûtée ou d'un roseau taillé.
Elle devra respecter la chronologie du texte copié, toute lettre ou mot oublié ne pourra être ajouté ultérieurement. Elle sera invalidée s'il y figure une lettre craquelée, coupée ou sensiblement effacée. Elle fera donc l'objet d'une sérieuse vérification après sa réalisation.


Son contenu : C'est le texte biblique qui doit être copié. Ce sont les occurrences de la Mitsva des Téfilines dans la Torah qui ont été retenues. Elles sont au nombre de 4 : - Exode (13; 1-10) - Exode (13; 11-17) - Deutéronome (6; 4-9) - Deutéronome (11; 13-22)

Pour les Téfilines de la tête, chaque "Paracha" sera copiée sur un parchemin distinct, alors que pour ceux du bras elles figureront toutes sur un même parchemin. La coutume est de repartir l’écriture sur sept lignes pour les Téfilines du bras et sur quatre lignes pour ceux de la tête.

Parchemin calligraphié "Paracha"

 

 

V. La conservation: quelques conseils

 

La chaleur représente un réel danger pour les Téfilines. On veillera donc à ne pas les laisser dans la boîte à gants d'une voiture, proche d'un chauffage ou au regard d'une fenêtre exposée au soleil.

 

De même, il faudra faire attention de ne pas heurter de mur avec les boîtiers de la tête au cours de la Téfila. Il est même conseillé de ne pas poser les Téfilines sur un front humide, et surtout de ne pas les plier l’orsqu’ils sont humides.

 

Enfin il faudra veiller à recouvrir le Téfiline du bras par le petit couvercle qui lui est attenant. Pourquoi choisir "TOTAPH-OT" ? Parce que :

 

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